La sorcellerie
Les différentes formes de la sorcellerie
La sorcellerie ne prend pas une forme unique. Les savants l’ont classée de plusieurs manières : selon sa nature, selon son but, et selon son mode de transmission. Cheikh Wahîd ‘Abd As-Salâm Bâlî, dans As-Sârim al-Battâr (Le sabre tranchant contre les sorciers), en a fait une présentation détaillée qui reste une référence pour les praticiens.
Selon sa nature
- La sorcellerie d’illusion : elle trompe les yeux et l’imagination, sans transformer la réalité. C’est celle des magiciens de Pharaon, dont les cordes « semblaient ramper » (Tâ-Hâ, 66).
- La sorcellerie réelle : elle agit sur le corps, le cœur et l’esprit par l’intermédiaire des démons. C’est celle qui sépare les époux, rend malade ou trouble l’esprit.
Selon son but
- la sorcellerie de séparation et de divorce ;
- la sorcellerie d’amour et d’attachement ;
- la sorcellerie de folie ;
- la sorcellerie de maladie ;
- la sorcellerie de blocage : mariage, travail, études, grossesse ;
- la sorcellerie d’apathie, qui pousse à l’isolement et au laisser-aller ;
- la sorcellerie liée à la débauche.
Selon son mode de transmission
- Mangée ou bue : mélangée à la nourriture ou à la boisson, elle est réputée parmi les plus tenaces.
- Respirée : par des fumigations ou des parfums préparés.
- Piétinée : déposée sur le passage de la personne.
- Enterrée : dans la terre, parfois dans les cimetières.
- Jetée dans l’eau : puits, mer, rivière.
- Accrochée : dans un arbre ou un lieu élevé.
- Par les nœuds et les cadenas.
- Par les talismans, écrits ou objets.
Chacune de ces formes est expliquée en détail dans les enseignements de cette rubrique et dans le dossier « Les différentes formes de sorcellerie ».
Ce qui ne change jamais
Quelle que soit sa forme, la sorcellerie a la même origine : une alliance du sorcier avec les démons, au prix de la mécréance. Et quelle que soit sa forme, son remède passe par les mêmes moyens permis : la roqya, le Coran, les invocations et la confiance en Allah. Chaque forme demande des adaptations, mais aucune ne nécessite le recours à un sorcier.
Ibn Al-Qayyim rappelle dans Zâd al-Ma‘âd que le meilleur traitement de la sorcellerie est le traitement divin : les invocations, les sourates protectrices et la récitation du Coran. Plus le cœur est rempli d’Allah, moins la sorcellerie a de prise.
Références pour approfondir
- Le Coran : Al-Baqara 102, Al-A‘râf 116-122, Yoûnous 79-82, Tâ-Hâ 65-69, Al-Falaq
- Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim, récit de la sorcellerie faite au Prophète ﷺ
- Ibn Al-Qayyim, Zâd al-Ma‘âd, chapitre sur le traitement de la sorcellerie
- Ibn Hajar Al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî, livre de la médecine
- Ibn Qoudâma, Al-Moughnî
- Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî, exégèses de Al-Baqara 102
- Wahîd ‘Abd As-Salâm Bâlî, As-Sârim al-Battâr fi-t-tasaddî li-s-saharati-l-achrâr
- Ibn Al-Jawzî, Talbîs Iblîs
- Ibn Khaldoûn, Al-Mouqaddima
- Fatwas de cheikh Ibn Bâz et du Comité permanent des savants
- Cheikh Khâlid Al-Habachî, alroqya.com
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