La sorcellerie
Le jugement de la sorcellerie et du sorcier
L’islam porte sur la sorcellerie un jugement d’une grande fermeté, parce qu’elle touche à ce qu’il y a de plus fondamental : l’unicité d’Allah. Les savants des quatre écoles se sont prononcés sur la pratique, sur le sorcier, et sur celui qui le consulte.
Un des sept péchés destructeurs
Le Prophète ﷺ a dit : « Évitez les sept péchés destructeurs. » On lui demanda lesquels. Il répondit : « Associer à Allah, la sorcellerie, tuer une âme qu’Allah a rendue sacrée sauf en droit, manger l’usure, manger les biens de l’orphelin, fuir le jour du combat, et accuser de débauche les croyantes chastes et insouciantes. » (Al-Boukhârî et Mouslim). La sorcellerie vient juste après l’association.
Le jugement de la pratique
Le Coran qualifie la sorcellerie de mécréance : « Ce n’est pas Soulaymân qui a mécru, mais ce sont les démons : ils enseignaient aux gens la sorcellerie. » (Al-Baqara, 102). Et les deux anges de Babylone avertissaient : « Nous ne sommes qu’une tentation, ne sois pas mécréant. »
Les savants expliquent que la sorcellerie qui passe par les démons ne peut se faire sans actes de mécréance : invoquer autre qu’Allah, leur sacrifier, profaner le Coran. Elle est donc considérée comme une mécréance par la majorité des savants, notamment des écoles malikite, hanbalite et hanafite. L’école chafiite distingue selon le contenu des paroles et des actes du sorcier.
Apprendre la sorcellerie
Apprendre la sorcellerie pour la pratiquer est interdit. Quant à connaître ses formes pour s’en protéger et en protéger les autres, sans jamais la pratiquer, c’est ce que font les savants et les praticiens de la roqya.
Celui qui consulte le sorcier
Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui se rend chez un devin et lui demande quelque chose, sa prière n’est pas acceptée pendant quarante nuits. » (Mouslim). Et : « Celui qui se rend chez un devin ou un voyant et croit ce qu’il dit a mécru en ce qui a été révélé à Mouhammad. » (Ahmad, Al-Hâkim).
Ces hadiths concernent aussi ceux qui consultent un sorcier « pour se soigner » ou « pour savoir qui leur a fait du mal ».
Le sorcier dans la société
Dans les pays où s’appliquait le droit islamique, les savants ont traité de la peine du sorcier. Ces questions relèvent exclusivement des autorités et des tribunaux légitimes, jamais des individus. En Europe, le rôle du croyant est simple : s’éloigner des sorciers, avertir les autres de leurs pratiques, et ne jamais se faire justice soi-même.
La porte du repentir
Malgré la gravité de ce péché, Allah ouvre la porte du repentir à tous : « Dis : ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. » (Az-Zoumar, 53). Les magiciens de Pharaon, devenus croyants en un instant, en sont l’exemple le plus frappant.
Références pour approfondir
- Le Coran : Al-Baqara 102, Al-A‘râf 116-122, Yoûnous 79-82, Tâ-Hâ 65-69, Al-Falaq
- Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim, récit de la sorcellerie faite au Prophète ﷺ
- Ibn Al-Qayyim, Zâd al-Ma‘âd, chapitre sur le traitement de la sorcellerie
- Ibn Hajar Al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî, livre de la médecine
- Ibn Qoudâma, Al-Moughnî
- Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî, exégèses de Al-Baqara 102
- Wahîd ‘Abd As-Salâm Bâlî, As-Sârim al-Battâr fi-t-tasaddî li-s-saharati-l-achrâr
- Ibn Al-Jawzî, Talbîs Iblîs
- Ibn Khaldoûn, Al-Mouqaddima
- Fatwas de cheikh Ibn Bâz et du Comité permanent des savants
- Cheikh Khâlid Al-Habachî, alroqya.com
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