Le mauvais œil
Les signes et manifestations possibles du mauvais œil
« Comment savoir si je suis atteint par le mauvais œil ? » C’est l’une des questions les plus fréquentes. La réponse honnête est la suivante : certains signes peuvent orienter, mais aucun ne permet d’en être certain. Et la plupart d’entre eux ont aussi une explication médicale.
Les signes souvent rapportés
Les praticiens de la roqya, à partir de leur expérience, mentionnent notamment :
- Sur le corps : maux de tête persistants, lourdeur dans les épaules ou le dos, fatigue sans effort, bâillements fréquents, palpitations, sensation de chaleur ou de froid aux extrémités, pâleur ou teint jaunâtre.
- Sur l’état intérieur : tristesse sans raison, envie de s’isoler, irritabilité, sommeil agité, perte de l’envie de faire ce qu’on aimait.
- Dans la vie : blocages qui se répètent juste avant d’aboutir (contrat, mariage, examen), après une période de réussite visible.
- Dans la pratique religieuse : lourdeur pour prier, difficulté à se concentrer sur le Coran.
- Pendant la roqya : bâillements, larmes, picotements, chaleur, envie de vomir. Ces réactions peuvent indiquer une atteinte, mais elles ne sont pas une preuve absolue.
Pourquoi rester prudent
Ces signes sont aussi ceux de l’anémie, des troubles de la thyroïde, du manque de sommeil, de la dépression, du stress, ou de bien d’autres causes. Les savants qui ont parlé du mauvais œil n’ont jamais demandé de renoncer à la médecine. Le Prophète ﷺ a dit : « Soignez-vous, car Allah n’a pas créé de maladie sans lui créer un remède. » (Abou Dâwoud, At-Tirmidhî).
La démarche juste est donc double, et en même temps : consulter un médecin, et réciter la roqya. L’une n’empêche pas l’autre.
Le piège de l’obsession
Ibn Al-Jawzî a décrit, dans Talbîs Iblîs, comment le Diable s’empare de la personne inquiète pour la plonger dans le doute permanent. Celui qui cherche des signes partout finit par les trouver partout. Il interprète chaque contrariété comme une preuve, il soupçonne ses proches et il dépend des praticiens. Ce n’est plus du mauvais œil, c’est de la waswasa.
Ce qu’il faut retenir
Il n’est pas nécessaire d’être sûr d’être atteint pour se soigner par le Coran. La roqya est bénéfique dans tous les cas : si l’on est atteint, elle soigne ; si l’on ne l’est pas, elle protège et apaise. Mieux vaut donc réciter que chercher indéfiniment à diagnostiquer.
Le signe visible chez la petite fille
Le seul signe précis mentionné dans un hadith authentique est celui de la petite fille vue chez Oumm Salama : une sa‘fa sur le visage. Ibn Hajar, dans Fath al-Bârî, explique qu’il s’agit d’une coloration du visage, jaunâtre ou noirâtre, différente de sa couleur habituelle. Les autres signes cités par les praticiens viennent de l’expérience, et doivent donc être maniés avec prudence.
Références pour approfondir
- Le Coran : Yousouf 67, Al-Qalam 51, Al-Falaq
- Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim, chapitres de la médecine et de la roqya
- Ibn Al-Qayyim, Zâd al-Ma‘âd, chapitre sur le traitement du mauvais œil
- Ibn Hajar Al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî, explication du hadith « Le mauvais œil est une réalité »
- Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî, exégèses des versets cités
- Ibn Al-Jawzî, Talbîs Iblîs
- Fatwas de cheikh Ibn Bâz et du Comité permanent des savants
- Cheikh Khâlid Al-Habachî, alroqya.com
- Dahmichi Abdelkader, L’Œil et l’Envie : réalité, preuves et guérison
Pour aller plus loinL’Œil et l’Envie : réalité, preuves et guérison
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