La jalousie
Les méfaits et les méchancetés de la jalousie
La jalousie est souvent présentée comme un défaut parmi d’autres. Les savants la considèrent comme l’une des maladies les plus destructrices du cœur, parce qu’elle nuit à celui qui la porte, à celui qui en est la cible, et à toute la société.
Ses méfaits sur l’envieux
- Il conteste le décret d’Allah. L’envieux reproche en réalité à Allah d’avoir donné à un autre. Ibn Al-Qayyim y voit une forme d’opposition à la sagesse divine.
- Il vit dans la souffrance. Chaque bienfait d’autrui le blesse. Un poète arabe disait que la jalousie est juste, car elle commence par tuer celui qui la porte.
- Il perd ses bonnes œuvres. La jalousie mène à la médisance, à l’injustice et à la haine, qui consument les bonnes actions.
- Il s’éloigne de la foi complète. « Aucun de vous ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » (Al-Boukhârî et Mouslim).
- Il ressemble à Iblîs, dont la jalousie envers Adam fut le premier péché.
Ses méchancetés envers les autres
Lorsque la jalousie sort du cœur, elle se traduit par des actes :
- la médisance et la calomnie, pour salir la réputation de l’envié ;
- le sabotage, au travail, dans les études ou dans les projets ;
- la discorde, en montant les gens les uns contre les autres ;
- la joie devant le malheur d’autrui, que le Coran décrit chez les hypocrites (Âl ‘Imrân, 120) ;
- et dans les cas les plus graves, le recours aux sorciers pour nuire, ou même le crime, comme Qâbîl envers son frère.
Ses méfaits sur la société
Le Prophète ﷺ a dit : « La maladie des nations qui vous ont précédés s’est infiltrée en vous : la jalousie et la haine. La haine est celle qui rase, non pas les cheveux, mais la religion. » (At-Tirmidhî). Une communauté rongée par la jalousie se divise, s’affaiblit, et perd sa capacité à faire le bien ensemble. Ibn Al-Jawzî montre dans Talbîs Iblîs comment le Diable utilise la jalousie pour diviser jusqu’aux savants et aux gens de religion.
Le contraire de la jalousie
Le Coran décrit les Ansâr de Médine, qui accueillirent les Émigrés : « Ils ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que ceux-ci ont reçu, et ils les préfèrent à eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » (Al-Hachr, 9). C’est le modèle de la société que l’islam veut construire : chacun se réjouit du bien de l’autre.
La meilleure invocation contre cette maladie reste celle que le Coran nous enseigne : « Seigneur, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi, et ne mets dans nos cœurs aucune rancune envers ceux qui ont cru. » (Al-Hachr, 10).
La jalousie des savants entre eux
Ibn Al-Jawzî consacre dans Talbîs Iblîs des passages entiers à la jalousie entre savants et gens de religion. Il montre comment le Diable leur fait croire qu’ils défendent la vérité, alors qu’ils sont mus par l’envie d’un rival. L’imam Adh-Dhahabî rappelait, dans le même sens, que les propos des contemporains les uns sur les autres doivent être examinés avec prudence, car la jalousie s’y mêle souvent.
Références pour approfondir
- Le Coran : Al-Falaq, Yousouf, Al-Mâ’ida 27-31, Al-Hachr 9-10
- Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim
- Al-Ghazâlî, Ihyâ’ ‘ouloûm ad-dîn, livre de la jalousie
- Ibn Taymiyya, Majmoû‘ al-Fatâwâ, épître sur les maladies des cœurs
- Ibn Al-Qayyim, Badâ’i‘ al-Fawâ’id et Zâd al-Ma‘âd
- Ibn Hajar Al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî
- Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî, exégèses
- Ibn Al-Jawzî, Talbîs Iblîs
- Dahmichi Abdelkader, L’Œil et l’Envie : réalité, preuves et guérison
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