Rappel du jour
  • « Celui qui emprunte un chemin pour acquérir une science, Allah lui facilite un chemin vers le Paradis. » (Mouslim)
  • « C’est par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent. » (Ar-Ra’d, 28)
  • « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » (Al-Baqara, 286)
  • « Le mauvais œil est une réalité. » (Al-Boukhârî et Mouslim)
  • « Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. » (At-Talâq, 3)

La jalousie

Les causes de la jalousie, son jugement et la sanction de l’envieux

Pourquoi jalouse-t-on ? Que dit l’islam de la jalousie ? Et quelle est la conséquence pour l’envieux ? Les savants ont traité ces trois questions en détail. Al-Ghazâlî, en particulier, leur a consacré un long chapitre dans Ihyâ’ ‘ouloûm ad-dîn.

Les causes de la jalousie

Al-Ghazâlî en cite plusieurs :

  • L’inimitié et la rancune : on souhaite le mal à celui qu’on n’aime pas.
  • L’orgueil : on ne supporte pas que l’autre soit au-dessus de soi, ou même à égalité.
  • L’étonnement : on trouve que l’autre ne mérite pas ce qu’il a reçu.
  • La peur de perdre sa place : entre collègues, entre coépouses, entre frères qui attendent la même chose.
  • L’amour du pouvoir et de la renommée : on veut être le seul à briller.
  • La méchanceté de l’âme : certaines personnes souffrent du bien d’autrui, même sans aucun lien avec elles.

À la racine de toutes ces causes se trouve une même maladie : le cœur n’accepte pas la répartition décidée par Allah.

Le jugement de la jalousie

La jalousie est interdite par le consensus des savants. Le Prophète ﷺ a dit : « Ne vous enviez pas, ne vous haïssez pas, ne vous tournez pas le dos, et soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères. » (Al-Boukhârî et Mouslim). Et encore : « La maladie des nations qui vous ont précédés s’est infiltrée en vous : la jalousie et la haine. Et la haine est celle qui rase, non pas les cheveux, mais la religion. » (At-Tirmidhî).

Les savants distinguent toutefois le sentiment qui traverse le cœur malgré soi, et que l’on combat, de celui que l’on nourrit et sur lequel on agit. Le premier n’est pas sanctionné, à condition de le repousser. Le second est un péché.

La sanction de l’envieux

L’envieux est le premier à souffrir de sa jalousie :

  • Il vit dans l’amertume : chaque bienfait d’autrui le blesse, et il ne connaît jamais la paix.
  • Il conteste le décret d’Allah : au fond, il reproche à Allah d’avoir donné à un autre.
  • Il perd ses bonnes œuvres : un hadith rapporté par Abou Dâwoud, dont l’authenticité est discutée, compare la jalousie au feu qui dévore le bois.
  • Il tombe dans d’autres péchés : médisance, mensonge, injustice, et parfois sorcellerie pour nuire.

Mou‘âwiya disait : « Je peux satisfaire tout le monde, sauf l’envieux, car rien ne le satisfait sinon la disparition du bienfait. »

Et celui qui est envié ?

Il n’a pas à craindre outre mesure. Tant qu’il se protège par les invocations et se remet à Allah, la jalousie ne lui nuira que dans la mesure de ce qu’Allah a écrit. Et sa patience face à l’envieux sera pour lui une récompense.

Ibn Taymiyya et les maladies des cœurs

Dans son épître sur les maladies des cœurs, recueillie dans Majmoû‘ al-Fatâwâ, Ibn Taymiyya explique que la jalousie est une haine du bienfait accordé à autrui, et que l’on est récompensé lorsqu’on la combat. Il distingue celui qui la cache et la repousse, qui n’est pas blâmé, de celui qui agit selon elle, qui est sanctionné.

Références pour approfondir

  • Le Coran : Al-Falaq, Yousouf, Al-Mâ’ida 27-31, Al-Hachr 9-10
  • Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim
  • Al-Ghazâlî, Ihyâ’ ‘ouloûm ad-dîn, livre de la jalousie
  • Ibn Taymiyya, Majmoû‘ al-Fatâwâ, épître sur les maladies des cœurs
  • Ibn Al-Qayyim, Badâ’i‘ al-Fawâ’id et Zâd al-Ma‘âd
  • Ibn Hajar Al-‘Asqalânî, Fath al-Bârî
  • Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî, exégèses
  • Ibn Al-Jawzî, Talbîs Iblîs
  • Dahmichi Abdelkader, L’Œil et l’Envie : réalité, preuves et guérison
Pour aller plus loinL’Œil et l’Envie : réalité, preuves et guérison

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