Invocations par situation
Les invocations authentiques du Prophète ﷺ pour chaque moment difficile : angoisse, insomnie, cauchemars, voyage, enfants, maison.
Le Prophète ﷺ a laissé une invocation pour presque chaque situation de la vie. Les savants ont réuni ces paroles dans des recueils devenus des références : Al-Adhkâr d’An-Nawawî, Al-Kalim at-tayyib d’Ibn Taymiyya, Al-Wâbil as-sayyib d’Ibn al-Qayyim. Voici les plus utiles, avec ce qu’en ont dit les savants.
Pourquoi des paroles précises ?
Ibn al-Qayyim explique dans Al-Wâbil as-sayyib que les invocations prophétiques sont comme des remèdes : chacune convient à une maladie, et leur efficacité dépend de deux choses, la justesse de la parole et la présence du cœur. Une parole juste prononcée avec un cœur absent est, dit-il, comme une arme de qualité dans une main sans force.
L’angoisse et la tristesse
« Allâhumma innî a‘ûdhu bika mina-l-hammi wa-l-hazan, wa-l-‘ajzi wa-l-kasal, wa-l-bukhli wa-l-jubn, wa dala‘i-d-dayni wa ghalabati-r-rijâl. » (Al-Bukhârî 6369)
Ibn al-Qayyim relève dans Zâd al-Ma‘âd la précision de cette invocation : elle réunit huit maux, groupés par paires. Le hamm est le souci de l’avenir, le hazan la tristesse du passé ; l’‘ajz est l’incapacité, le kasal le manque de volonté ; l’avarice et la lâcheté sont l’absence de don du bien et de soi ; les dettes et la domination des hommes sont l’oppression qui vient de l’extérieur.
L’invocation de la détresse : « Lâ ilâha illâ-Llâhu-l-‘Azîmu-l-Halîm, lâ ilâha illâ-Llâhu Rabbu-l-‘archi-l-‘azîm, lâ ilâha illâ-Llâhu Rabbu-s-samâwâti wa Rabbu-l-ardi wa Rabbu-l-‘archi-l-karîm. » (Al-Bukhârî 6346, Muslim 2730). Ibn Hajar note dans Fath al-Bârî qu’elle ne contient aucune demande : elle n’est que louange. Les savants y voient le secret de son efficacité : celui qui loue Allah dans la détresse reçoit sans même avoir demandé.
L’insomnie et le coucher
- Âyat al-Kursî : un gardien d’Allah reste auprès de la personne jusqu’au matin (Al-Bukhârî 2311).
- Les deux derniers versets d’Al-Baqara « suffisent » pour la nuit (Al-Bukhârî 5009). An-Nawawî rapporte deux explications : ils suffisent comme veillée nocturne, ou ils suffisent comme protection contre tout mal.
- Les trois sourates protectrices, soufflées dans les mains puis passées sur le corps, trois fois (Al-Bukhârî 5017).
- Les tasbîh : 33 fois « Subhâna-Llâh », 33 fois « Al-hamdu li-Llâh », 34 fois « Allâhu akbar ». Le Prophète ﷺ les a enseignés à ‘Alî et Fâtima, épuisés par le travail, en disant que c’était meilleur pour eux qu’un serviteur (Al-Bukhârî 3705).
Les cauchemars
« Le bon rêve vient d’Allah, et le mauvais rêve vient du Diable. » Celui qui fait un mauvais rêve crache légèrement trois fois à sa gauche, cherche refuge auprès d’Allah contre le Diable et contre le mal de ce rêve, change de côté, et n’en parle à personne : il ne lui nuira pas (Muslim 2261, 2262). Dans une version, il se lève aussi pour prier. Les médecins savent aujourd’hui que raconter et ressasser un cauchemar le renforce : la consigne prophétique de ne pas en parler rejoint ce constat.
La peur et l’ennemi
« Hasbunâ-Llâhu wa ni‘ma-l-wakîl. » C’est la parole d’Ibrâhîm lorsqu’il fut jeté dans le feu, et celle du Prophète ﷺ et de ses Compagnons lorsqu’on leur annonça que l’ennemi se rassemblait contre eux (Al-Bukhârî 4563). Allah dit qu’ils revinrent « avec un bienfait et une grâce d’Allah, sans qu’aucun mal ne les touche » (Âl ‘Imrân, 3:174).
En sortant et en entrant chez soi
En sortant : « Bismillâh, tawakkaltu ‘ala-llâh, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh. » Il est dit alors à la personne : « Tu es guidé, protégé et préservé », et le Diable s’écarte d’elle (Abû Dâwûd 5095). En entrant : mentionner le nom d’Allah empêche le Diable d’y trouver gîte et repas (Muslim 2018).
En s’arrêtant dans un lieu
« A‘ûdhu bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmâti min charri mâ khalaq. » Rien ne nuira à la personne jusqu’à ce qu’elle quitte ce lieu (Muslim 2708). Al-Qurtubî rapporte avoir constaté l’efficacité de cette invocation : le seul soir où il l’oublia, il fut piqué par un scorpion.
Le voyage
« Subhâna-lladhî sakhkhara lanâ hâdhâ wa mâ kunnâ lahu muqrinîn, wa innâ ilâ Rabbinâ la-munqalibûn. » (Az-Zukhruf, 43:13-14 ; Muslim 1342). Le verset rappelle, au moment même où l’on part, le grand voyage vers Allah.
Les enfants
« U‘îdhukum bi-kalimâti-llâhi-t-tâmmati min kulli chaytânin wa hâmma, wa min kulli ‘aynin lâmma. » Le Prophète ﷺ protégeait ainsi Al-Hasan et Al-Husayn, et disait qu’Ibrâhîm protégeait ainsi Ismâ‘îl et Ishâq (Al-Bukhârî 3371).
La maladie et la douleur
Poser la main sur l’endroit douloureux, dire « Bismillâh » trois fois, puis sept fois : « A‘ûdhu bi-‘izzati-llâhi wa qudratihi min charri mâ ajidu wa uhâdhir. » (Muslim 2202). Pour un malade que l’on visite, sept fois : « As’alu-Llâha-l-‘Azîm, Rabba-l-‘archi-l-‘azîm, an yachfiyak. » (Abû Dâwûd 3106)
Une décision à prendre
La prière de consultation (istikhâra) : deux unités de prière, puis l’invocation enseignée par le Prophète ﷺ « comme il enseignait une sourate du Coran » (Al-Bukhârî 1162). Ibn Taymiyya disait : « Ne regrette pas celui qui consulte le Créateur et prend conseil auprès des créatures. »
Références pour approfondir
- An-Nawawî, Al-Adhkâr ; Ibn Taymiyya, Al-Kalim at-tayyib.
- Ibn al-Qayyim, Al-Wâbil as-sayyib et Zâd al-Ma‘âd.
- Ibn Hajar, Fath al-Bârî, livre des invocations.
- Al-Bukhârî 1162, 2311, 3371, 3705, 4563, 5009, 5017, 6346, 6369 ; Muslim 1342, 2018, 2202, 2261, 2708, 2730 ; Abû Dâwûd 3106, 5095.