Idées reçues sur la roqya
Vrai ou faux : les croyances les plus répandues sur la roqya, la sorcellerie et les djinns, corrigées par le Coran et la Sunna.
Autour de la roqya circulent beaucoup de croyances, certaines vraies, beaucoup fausses. Les savants les ont souvent corrigées. Voici les plus fréquentes, avec ce que disent réellement le Coran, la Sunna et les grands savants.
« Il faut retrouver la sorcellerie pour guérir. » Faux.
Ibn al-Qayyim distingue dans Zâd al-Ma‘âd deux voies de traitement : retirer et détruire la sorcellerie lorsque Allah permet de la trouver, et les remèdes divins, qui la défont là où elle se trouve. La seconde suffit. Aller chez un voyant pour localiser l’objet est interdit : « Celui qui se rend chez un voyant et l’interroge, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits. » (Muslim 2230)
« Une seule séance suffit. » Pas toujours.
Certaines personnes guérissent vite, mais la sorcellerie ancienne, la possession ou un mauvais œil installé demandent souvent plusieurs séances et de la persévérance. Méfiez-vous de celui qui promet une guérison garantie en une séance : personne ne peut garantir une guérison, elle vient d’Allah seul.
« Si je réagis pendant la roqya, je suis forcément possédé. » Faux.
Les réactions, larmes, bâillements, agitation, peuvent venir d’une atteinte, mais aussi de l’émotion, de la peur ou de la fatigue. Seul un raqi expérimenté, avec l’avis du médecin si nécessaire, peut orienter.
« Le djinn dit qui a fait la sorcellerie. » Faux.
Le Prophète ﷺ a dit des devins que les djinns mêlent à une parole vraie cent mensonges (Al-Bukhârî 6213). Ibn Taymiyya rappelle que la parole d’un djinn n’est jamais une preuve. Accuser un proche sur cette base est une calomnie, et a détruit des familles.
« La roqya est réservée aux musulmans. » Faux.
Des Compagnons ont récité Al-Fâtiha sur un chef non musulman piqué par un scorpion, et le Prophète ﷺ l’a approuvé (Al-Bukhârî 5749).
« Frapper le malade fait sortir le djinn. » Faux et dangereux.
Les récits attribués à Ibn Taymiyya sur le fait de frapper un possédé sont des cas exceptionnels, décrits par un savant d’une compétence rare, et ne justifient en rien la violence d’aujourd’hui. Des personnes sont mortes sous les coups, y compris en Europe. La roqya se pratique dans la douceur.
« Le médecin et la roqya s’opposent. » Faux.
« Ô serviteurs d’Allah, soignez-vous, car Allah n’a pas créé de maladie sans lui créer un remède. » (Abû Dâwûd 3855). Le Prophète ﷺ s’est fait soigner par la hijama et a recommandé des remèdes. La médecine et la roqya avancent ensemble.
« La main de Fatma ou l’œil bleu protègent. » Faux.
« Celui qui suspend une amulette a associé. » (Ahmad 17422). Le Prophète ﷺ vit un homme portant un bracelet de cuivre « contre la faiblesse » et lui dit : « Enlève-le, il ne fait qu’accroître ta faiblesse. » (Ahmad)
« L’eau récitée doit être bue en très grande quantité. » Faux.
Aucun texte ne fixe de quantité. Faire boire de force plusieurs litres d’eau peut provoquer une intoxication grave, parfois mortelle. Quelques verres par jour suffisent.
« Être atteint est le signe d’une foi faible. » Faux.
Le Prophète ﷺ lui-même a été touché par la sorcellerie (Al-Bukhârî 5763). Des croyants pieux sont atteints : c’est une épreuve, pas un reproche.
Références pour approfondir
- Al-Bukhârî 5749, 5763, 6213 ; Muslim 2230 ; Abû Dâwûd 3855 ; Ahmad 17422, 20000.
- Ibn al-Qayyim, Zâd al-Ma‘âd.
- Ibn Taymiyya, Majmû‘ al-Fatâwâ, vol. 19.