Dossier thématique
Les différentes formes de sorcellerie
Les connaître permet de comprendre, non de craindre : quelle que soit sa forme, la sorcellerie ne nuit à personne sans la permission d’Allah (Al-Baqara, 102), et elle se défait par les moyens légiférés.
Selon le but recherché
La sorcellerie d’amour et d’attachement
Elle cherche à provoquer chez une personne une attirance ou un attachement artificiel envers une autre, contre sa volonté. Elle peut créer une dépendance affective inexpliquée, souvent suivie de rejet ou de conflits.
Rubrique : La sorcellerie · Possession amoureuse
La sorcellerie de séparation et de divorce
Elle vise à semer la désunion entre deux époux : aversion soudaine, disputes répétées pour des motifs futiles, éloignement sans raison apparente. Le Coran la mentionne explicitement.
Al-Baqara, 102 : « ce qui sème la désunion entre l’homme et son épouse »
La sorcellerie de folie
Elle cherche à troubler l’esprit : confusion, comportements inhabituels, isolement. Ces signes relèvent aussi, très souvent, de la médecine : un avis médical est toujours indispensable avant toute conclusion.
Toujours consulter un médecin en premier lieu
Selon le mode d’action
La sorcellerie mangée ou bue
Placée dans un aliment ou une boisson, elle fait partie, avec la sorcellerie inhalée, des trois formes les plus graves. La parole d’Allah récitée sur l’eau et les invocations sont au cœur de son traitement.
Traitement : roqya légiférée, eau sur laquelle le Coran est récité
La sorcellerie respirée ou inhalée
Transmise par des fumigations, des encens ou des parfums préparés à cet effet. D’où la prudence envers les produits d’origine douteuse.
Rubrique : L’usage des parfums par les sorciers
La sorcellerie piétinée
Déposée sur le passage de la personne visée, au seuil d’une maison ou d’un lieu de travail, pour l’atteindre lorsqu’elle marche dessus.
Protection : invocations en sortant et en entrant chez soi
La sorcellerie enterrée
Dissimulée dans la terre, souvent dans les cimetières ou des lieux isolés, pour en prolonger l’effet. Sa découverte n’est pas nécessaire à la guérison : Allah guérit par Sa parole.
La guérison ne dépend pas de la découverte de l’objet
La sorcellerie par les nœuds
Pratique ancienne des sorciers, qui soufflent sur des nœuds. Allah enseigne à chercher refuge auprès de Lui contre leur mal dans la sourate Al-Falaq.
Al-Falaq, 4 : « contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds »
Jetée dans un puits, l’océan ou un ruisseau
L’objet est jeté dans l’eau pour le rendre introuvable. Là encore, sa récupération n’est pas une condition de la guérison.
Traitement : roqya légiférée et invocations
Accrochée dans un arbre
Suspendue dans un arbre ou un lieu élevé, elle relève des mêmes croyances. Le croyant n’a pas à la chercher : il s’en remet à Allah.
Protection : Al-Mu’awwidhât matin et soir
Les talismans
Écrits, amulettes ou objets portés ou cachés. Le Prophète ﷺ a mis en garde contre les amulettes : leur usage est interdit, même présenté comme protecteur.
Hadith : « Les roqyas illicites, les amulettes et les philtres sont du shirk » (Abou Dâwoud)
La sorcellerie par les cadenas
Les sorciers prétendent « fermer » ou bloquer un aspect de la vie : mariage, travail, santé. Cette prétention n’a aucun pouvoir face à la décision d’Allah.
Rubrique : Les réalités sur les sorciers
Roqya contre les divorces, les blocages au mariage et les sorcelleries mangées, bues ou respirées
Chaque forme de sorcellerie a son traitement spécifique, adapté à sa nature et à son mode d’action. Mais tous ces traitements reposent exclusivement sur des pratiques permises en islam : la roqya légiférée, le Coran, les invocations authentiques et une confiance totale en Allah. Aucun talisman, aucun contre-sort : le recours à un sorcier pour défaire une sorcellerie est interdit.