L’huile d’olive dans le Coran et la Sunna : l’arbre béni et les recherches scientifiques

Introduction — L’olivier, arbre béni
Par Dahmichi Abdelkader. L’olivier nourrit les peuples méditerranéens depuis des millénaires. Son huile figure dans la tradition alimentaire et spirituelle musulmane, et la science contemporaine explore ses effets sur la santé cardiovasculaire, le métabolisme et l’inflammation. Il convient de distinguer les enseignements religieux des preuves cliniques.
1. L’olivier dans le Coran
Allah mentionne « un arbre qui pousse au mont Sinaï, produisant de l’huile et un condiment pour ceux qui mangent » (Al-Mou’minoun, 23:20, traduction rapprochée). Ibn Kathîr l’identifie à l’olivier. Dans le verset de la Lumière (An-Nour, 24:35), le texte évoque un « arbre béni, un olivier ni oriental ni occidental » dont l’huile semble éclairer sans feu. Il s’agit d’une parabole spirituelle et non d’une étude chimique. La sourate At-Tîn, 95:1, mentionne également le figuier et l’olivier.
2. Ce que rapporte la tradition prophétique
Une tradition recommande de consommer l’huile d’olive et de s’en enduire car elle vient d’un arbre béni (Jâmi’ At-Tirmidhî 1851–1852 ; Sunan Ibn Mâjah 3319). Les spécialistes ont discuté certaines chaînes de transmission. Cette parole ne prescrit pas de dose obligatoire et ne garantit pas la guérison de toutes les maladies.
3. Explications des savants et prédécesseurs
Ibn Kathîr et Al-Qourtoubî ont commenté les passages coraniques relatifs à l’olivier. Des commentaires transmis de Moujâhid et de Sa’îd ibn Joubayr évoquent l’exposition de l’arbre à la lumière solaire dans la parabole. Ces explications appartiennent au tafsîr, pas aux essais médicaux.
4. Composition de l’huile d’olive
L’huile est riche en acide oléique, une graisse mono-insaturée. L’huile vierge extra contient également, en quantités variables, de la vitamine E et des composés phénoliques tels que l’hydroxytyrosol, des dérivés de l’oléuropéine et l’oléocanthal. La variété, la maturité des olives, les procédés d’extraction et la conservation influencent ces caractéristiques.
5. Les recherches sur le cœur : PREDIMED
L’essai PREDIMED a suivi 7 447 adultes espagnols présentant un risque cardiovasculaire élevé. Il a comparé des régimes méditerranéens enrichis en huile d’olive vierge extra ou en fruits à coque avec un groupe témoin. L’analyse corrigée publiée en 2018 a observé une fréquence plus faible d’événements cardiovasculaires majeurs dans les groupes méditerranéens. L’article initial de 2013 avait été retiré en raison d’irrégularités dans la répartition de certains participants. L’étude concerne une alimentation globale, et non une huile employée seule comme médicament.
6. Antioxydants et inflammation
Certains polyphénols d’huiles d’olive particulières contribuent à protéger les lipides sanguins contre le stress oxydatif ; cette allégation est encadrée par le règlement européen 432/2012 et suppose des teneurs minimales en composants pertinents. Elle ne signifie pas que toutes les huiles soignent l’inflammation ou le cancer.
7. Vieillissement du cerveau et longévité
Une étude observationnelle publiée en 2024 sur plus de 92 000 personnes a trouvé une association entre consommation d’huile d’olive et réduction des décès liés à la démence. Une étude de 2022 a rapporté des associations avec plusieurs indicateurs de mortalité. Une association statistique ne prouve pas la causalité : elle ne garantit ni prévention de la maladie d’Alzheimer ni prolongation directe de la vie.
8. Recherches sur le cancer
L’oléocanthal et l’hydroxytyrosol font l’objet de recherches précliniques en laboratoire et chez l’animal. Aucun résultat clinique robuste ne permet de dire que l’huile d’olive guérit un cancer. Elle ne doit jamais se substituer aux traitements oncologiques.
9. L’huile sur la peau
Elle est utilisée traditionnellement comme émollient, mais peut irriter les peaux sensibles. Des travaux sur la barrière cutanée des nourrissons soulèvent des questions sur son application systématique. Les personnes souffrant d’eczéma, de brûlures ou de plaies doivent demander conseil à un professionnel de santé.
10. L’huile d’olive et la roqya
Dans certains avis juridiques, dont ceux d’Ibn Bâz, la récitation du Coran sur une huile permise est admise comme démarche spirituelle. L’huile ne possède pas une puissance indépendante d’Allah. Aucune preuve scientifique clinique solide n’établit que la récitation transforme chimiquement l’huile ou renforce ses effets médicaux. Une telle pratique n’est pas un substitut aux soins.
11. Choisir et conserver une huile
L’huile vierge extra doit respecter des critères européens, notamment une acidité libre maximale de 0,8 %, qui ne mesure pas directement la teneur en antioxydants. Choisir une huile bien identifiée, conserver la bouteille fermée et loin de la chaleur et de la lumière. C’est un aliment calorique : une cuillère à soupe fournit environ 120 kcal. Il ne faut pas en boire de grandes quantités en guise de purification, ni l’injecter ou l’appliquer sur des plaies sérieuses.
Conclusion — Foi, connaissance et prudence
L’olivier est présenté dans le Coran comme une création remarquable. Les savants ont médité sur ses usages et sa valeur spirituelle. Les études contemporaines éclairent son intérêt nutritionnel, sans prouver des propriétés curatives universelles. La sincérité religieuse et la rigueur scientifique peuvent se rejoindre dans le respect de la santé des personnes.
Références religieuses et scientifiques
Coran : 23:20, 24:35, 95:1. Hadiths : At-Tirmidhî 1851 ; Ibn Mâjah 3319. Estruch et al., PREDIMED 2018 ; Guasch-Ferré et al. 2022 ; Tessier et al. 2024 ; Règlement européen 432/2012.
Article informatif, religieux et scientifique. Il ne constitue pas un avis médical. La roqya ne remplace aucun diagnostic ni traitement.